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Sheezune
Explorateur

Il y a 2 mois | 60 vues

Clown doctor, un manhua instructif et bienveillant

  • Histoire

J’ai trouvé ce manhua très beau et enrichissant dans le sens où on connaît finalement assez peu tout ce qui touche aux clowns hospitaliers même si certaines libertés ont été prises par rapport à la réalité. C’était intéressant de voir qu’il était avant tout question de trouver son clown intérieur (l’enfant qu’on était autrefois) avant de passer réellement à la mise en pratique et d’apprendre que les docteurs clowns travaillaient souvent en binôme pour créer un certain contraste. Les voir parader dans les couloirs de l’hôpital et redonner le sourire aux enfants malades met beaucoup de baume au cœur. Constater que les spectacles (personnalisés en fonction de chaque enfant) qu’ils proposent permettent aussi de faire oublier durant un temps leur douleur aux enfants était aussi beau à voir. C’est un travail qui a l’air assez physique et épuisant mentalement parlant, mais c’est un beau métier.

 

  • Personnages

L’héroïne, Chen Xiao-Han, une lycéenne de 17 ans, s’avère très touchante quand on apprend qu’elle prenait toujours tout sur elle quand elle était enfant afin d’éviter d’ajouter un fardeau supplémentaire à ses parents qui devaient déjà beaucoup s’occuper de sa petite sœur née avec un très faible système immunitaire et qui se retrouvait donc cloîtrée dans une chambre d’hôpital. La relation entre les deux sœurs était aussi crève-cœur avec une petite sœur, Qi-En, qui se sentait finalement coupable de monopoliser involontairement leurs parents alors qu’elle ne cherchait qu’à gagner l’affection de sa grande sœur, et cette dernière qui, de par sa fragilité, était incapable de regarder sa cadette mourir à petit feu. Lorsque l’heure fatidique finit inexorablement par arriver, on a le cœur serré.

Un autre personnage que j’ai aussi beaucoup aimé c’est Li Yu-Guang, un garçon jovial et sensible, et le parfait contraire de notre héroïne toujours sérieuse et perfectionniste. Il a lui aussi dû faire face au deuil et la manière dont il l’a fait était à la fois détonante et très belle.

Avec Zhang Wen-Wen, enfant atteint de leucémie, on se rend compte aussi de la dureté de la maladie et du désespoir qu’elle entraîne. La manière dont notre duo de clowns (Chen Xiao-Han et Li Yu-Guang) parvient à l’aborder en dépit de son renfermement est vraiment inventif et touchant.

 

  • Ressenti

Niveau dessins c’est vraiment beau dans l’ensemble même si les arrière-plans demeurent assez simplistes. Les émotions sont très bien retranscrites via les yeux et les expressions du visage des différents protagonistes.

En dépit du sujet sérieux, j’ai beaucoup apprécié les petites pointes d’humour parsemées ici et là (SPOILER le passage où on voit notre héroïne prendre sérieusement des notes au premier rang pendant que les autres tentaient tant bien que mal de se réveiller à coup de café noir ou d’étirements improvisés me fait encore bien sourire FIN SPOILER). Tout le rapport au deuil et à la maladie est traité avec beaucoup de justesse. Quant à la romance entre Chen Xiao-Han et Li Yu-Guang, je l’ai trouvée toute mignonne (SPOILER c’était adorable quand il ose l’embrasser sur la joue pour lui faire comprendre ses véritables sentiments vu qu’elle n’a pas l’air de saisir rien qu’avec les mots FIN SPOILER) même si elle reste très peu approfondie. J’ai aimé toute la bienveillance qui transparaissait dans le manhua, notamment quand les apprentis clowns hospitaliers s’entraident pour réunir des fonds pour un spectacle en particulier ou quand on se rend compte que les clowns hospitaliers aident aussi bien les enfants malades que les parents de ces derniers qui souffrent beaucoup également. SPOILER Et à la fin la boucle est bouclée avec l’héroïne qui incarne le rôle de sa sœur défunte en tant qu’ange veillant sur ses parents, chose que sa cadette avait promis de devenir après son trépas. FIN SPOILER 

À noter aussi la présence d’un petit lexique instructif en fin d’ouvrage qui évoque assez clairement les accessoires du docteur clown ainsi qu’un questions / réponses qui en dit plus sur l’origine de l’œuvre. Le manhua reste assez bref (ça pique un peu quand même vu le prix) et aurait sans doute gagner à s’étendre un peu plus pour développer davantage ses personnages, mais la bonne intention est là et c’est le genre d’ouvrage qui pousse à aller de l’avant et ce, avec bienveillance.